L'éducation à la sexualité : stop à l'intox, il est urgent d'agir !

Émoi et agitation suite à l’annonce de l’obligation d’éducation à la sexualité pour les élèves dans le cadre de la loi Schiappa sur les violences sexuelles !

31/08/2018
L'éducation à la sexualité : stop à l'intox, il est urgent d'agir !

Retour des vieux démons et opposants qui surfent sur la vague des abus sexuels révélés dans l’église catholique, les mêmes qui s’opposèrent aux ABCD de l’égalité et qui, à la veille de la rentrée scolaire, réactivent les discours visant à affoler les parents d’élèves, à insulter et menacer les intervenant.e.s potentiel.le.s, à semer la confusion auprès des équipes éducatives ...
 


Pourtant rien de révolutionnaire, mais une urgence :  
La loi sur l’éducation sexuelle obligatoire depuis 2001 n’est toujours pas appliquée : c’est l’objet de la circulaire annoncée par Mme Schiappa qui met en avant l’éducation au respect du non consentement, en lien avec la loi sur les violences sexuelles.
L’éducation à la sexualité: une urgence ! Une urgence inscrite dans les préconisations de nombre d’interlocuteurs institutionnels internationaux (OMS - UNESCO - ONU …) et nationaux, Haut Conseil de la Santé publique rappelant l’efficacité de l’éducation sexuelle dans la réduction des infections sexuellement transmissibles, Conseil national du Sida recommandant l’amélioration des conditions actuelles de l’éducation à la sexualité, Défenseur des droits rappelant la non application préjudiciable de cette obligation dans son rapport annuel sur les droits de l’enfant, Haut Conseil à l’égalité et ses préconisations pour améliorer la situation dans son rapport de juin 2016.
 
Si tous ces acteur.rice.s sont d’accord c’est parce que l’enjeu est de taille !
Intégrer l’éducation à la sexualité dans l’éducation de toutes et tous dès le plus jeune âge est une revendication historique du Planning Familial. L’enjeu de cette mobilisation est bien de transformer notre société fondée sur des relations inégalitaires entre les sexes qui font le lit des violences sexuelles et sexistes, pour aller vers une égalité réelle entre toutes les personnes.
Ces relations inégalitaires reposent sur l’illusion d’une « naturelle domination du masculin sur le féminin ». Elles ont des conséquences sur les comportements individuels comme sur les rapports sociaux et politiques ; or cela se construit très tôt sur des préjugés et stéréotypes de sexe, d’identité, de genre et d’orientation sexuelle. Et les dégâts se font fortement sentir : 1 collégien.ne sur 5 déclare avoir été victime de cyberviolence, 60% des personnes lesbiennes déclarent avoir été victimes d’actes lesbophobes, les IST sont en augmentation chez les jeunes de 15 à 24 ans  ….. Il est urgent d’agir !
 
L’éducation à la sexualité : pour renforcer la capacité à faire ses propres choix,  un outil de prévention, de  promotion de la santé et des droits sexuels 
Droit de disposer de son corps, droit à la santé, droit à l’éducation, droit à la protection contre la violence, droit à la vie : aborder les droits lors des séances d’éducation à la sexualité vise à interroger les rapports sociaux de sexe, la hiérarchie entre les sexualités, les normes et les tabous. Aborder la sexualité dans une approche globale et positive dès le plus jeune âge, c’est interroger la place de chacun.e, sortir des injonctions, permettre l’accès à une information juste  pour  gagner en liberté.
 
Avec toutes celles et ceux qui se battent pour la mise en place d’une éducation à la sexualité systématique, globale et pour toutes et tous, nous sommes convaincu.e.s que toute la société y gagnera!